60 ans après les indépendances, certains pays africains semblent toujours vivre de chasse et de cueillette

Le titre peut paraître choquant pour certains, mais une analyse à froid de la structure économique de certains pays africains ne laisse aucun doute. On nous a enseigné en histoire que l’homme du primitif ne produisait rien et ne transformait rien. Il vivait de ce que lui fournissait la nature, c’est-à-dire le gibier et les plantes. Il se contentait de chasser le gibier, récolter les fruits dans la nature et vivre dans les grottes. Cela fait mal de l’admettre, mais certains habitats en Afrique n’ont guère évolué depuis les temps ancestraux. On ne saurait au nom de la culture continuer à tolérer une misère aussi abjecte.

Les dirigeants africains ne créent pas une économie me confiait un ami hier. Ils se contentent de faire appel aux multinationales pour explorer le sous-sol, à la recherche des matières premières telles que le pétrole et les minerais. Les matières premières découvertes sont revendues en l’état aux occidentaux, sans aucune transformation, donc sans aucune valeur ajoutée à l’économie nationale. Les rares emplois créés sont juste du domaine de la pénibilité.

La plupart du temps, les ressources issues de la vente de ces minerais sont détournées au profit de la famille et du cercle proche du pouvoir.  Même dans les pays qui produisent des matières premières agricoles telles que le coton, le cacao, le café, l’hévéa, le bois, etc. Le traitement est le même. Il existe très peu de transformations. Les produits issus du dur labeur des agriculteurs africains sont vendus en l’état aux pays étrangers. Cela s’appelle tout simplement de l’économie de subsistance. En ce 2&èm siècle, nous devons plutôt prendre le contrôle de la nature et la maîtriser. De toutes les espèces existant sur terre, seul l’homme possède cette aptitude et ne pas l’utiliser est condamnable.

Comme l’a dit un ami, Les pays africains créent des zones franches industrielles, avec de très avantageuses conditions fiscales et vont faire la cour aux occidentaux pour venir y implanter des unités de production. Pourtant les pays africains disposent de scientifiques ayant étudiés dans les mêmes écoles que leurs homologues occidentaux, Ils disposent de la main d’œuvre qualifiée et plusieurs hommes d’affaires africains disposent de capitaux conséquents pour investir dans l’économie. Mais ce que nous remarquons souvent est que ces hommes d’affaires africains sont souvent combattus et détruits par les pouvoirs politiques de leurs propres pays, au profit des multinationales occidentales. Pourquoi cela ?

Une Ministre Tchadienne déclarait il y a déjà plusieurs années que les recettes du pétrole ont permis au Tchad d’acquérir des armes pour assurer sa sécurité. Pendant ce temps, la Norvège, également grand pays producteur de pétrole a constitué une réserve de devises conséquentes pour les générations futures.  Toute la différence est là et saute aux yeux.  Ici une mentalité primaire et une réflexion de survie au jour le jour et de l’autre un regard constructeur et porté sur le futur.

La Suisse, petit pays de montagnes et de neige a construit une prospère économie basée sur l’industrie alimentaire et les services. Le cacao et le Café sont produits en Afrique, pourtant ce sont les Suisses, les Belges et les Italiens qui en tirent le de valeur ajoutée, le grand nombre d’emplois et le plus grand volume de ressources financières. La part des pays africains est très limitée dans les milliards de dollars que génèrent chaque année ces matières premières, depuis leur production jusqu’au consommateur final. Quand un occidental voit du chocolat ou du café, il pense à la suisse, la Belgique et l’Italie et non à la Côte-d’Ivoire et au Ghana.

Les tissus Wax très prisés par les africains et africaines portent le nom de « Wax hollandais », pourtant le coton est produit en Afrique, mais c’est l’économie Hollandaise qui profite le plus de ce coton. Le coton est exporté en Hollande et transformé en tissu dans ce pays. Il crée ainsi des emplois pour la Hollande. Après fabrication, le tissu prend le sens inverse, vers l’Afrique où les consommateurs dépensent des milliards chaque année pour s’habiller. Toutes ces devises retournent tranquillement enrichir l’économie Hollandaise.

Beaucoup de pays européens pourtant désavantagés par la nature t la géographie ont réussi à bâtir des économies solides et par une gestion rigoureuse des deniers publics parviennent à hisser leurs pays dans le peloton de tête des pays au plus fort revenus par habitant.

Il est temps pour l’Afrique de se rendre compte de tous les atouts naturels dont Dieu a doté ce continent béni. L’Afrique doit arrêter d’enrichir les autres et penser son propre développement. Nos économistes formés dans les grandes écoles occidentales doivent utiliser les connaissances acquises, non pour transposer les modèles occidentaux en Afrique, mais pour adapter leur savoir au contexte africain. On ne saurait copier des modèles compatibles à d’autres cultures et d’autres climats et espérer s’en sortir un jour. Comme l’a dit mon ami ce matin, Les Zémidjans et la vente d’essence frelatée appelée « Kpayo » sont des réalités béninoises et il faudra trouver des solutions locales à ces fléaux.

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Edmond NANOUKON
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2 réflexions au sujet de « 60 ans après les indépendances, certains pays africains semblent toujours vivre de chasse et de cueillette »

  1. Votre constat est réel. D’autres l’ont fait avant les indépendances et après: Kwame Nkrumah, Sékou Touré, Thomas Sankara, etc. Mais rien ne change dans le bon sens. Tout est fait pour que ceux qui ont intérêt en cette misère de l’Afrique aient constamment le dessus: africains et non africains. On rétorquera que l’Afrique est indépendante depuis des décennies. Mais le fait est tout ceux qui ont oser bousculer cet ordre abject ont été tués. Les plus chanceux ont juste été victimes de coup d’Etat ou de fraude électorale cautionnée.

  2. Votre remarque est très pertinente cher Dénis. Toux ceux qui se sont frontalement opposés à la vile exploitation de l’Afrique par les néo-colonistes capitalistes ont rencontré malheur en chemin. Mais nous ne devons pas nous décourager pour autant. C’est un noble combat qui mérite d’être mené. Nous les africains devons également changer de comportement, et ne plus vendre les ressources de nos pays contre de petits pots de vins ou contre des miroirs ou des pacotilles comme au temps de la traite négrière. On dirait que les époques changent mais les pratiques perdurent.

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