Edmond NANOUKON

Sagesse africaine : les vertus du silence

Je vais vous raconter l’histoire d’un conflit qui oppose deux coépouses. L’une palabre sans cesse et crée le conflit, accusant faussement l’autre de provoquer les disputes. Face à tant d’adversité, comment se comporter ? Réponse dans ce billet. Après l’avoir lu, croyez-moi, vous garderez toujours votre calme dans les situations de dispute !

Deux coépouses se disputaient et se battaient presque tous les jours. Celle qui provoquait la bagarre (la nouvelle femme) s’arrangeait toujours pour faire croire au mari que c’était sa co-épouse (la première femme) qui était la provocatrice. Comme elle était une bonne comédienne, elle arrivait toujours à convaincre le mari. Ce dernier, en bon féodal, punissait sa première femme maison. La malheureuse première épouse finit par en avoir assez d’être maltraitée et alla donc consulter le boconon (le devin). Le boconon tira le sort et lui recommanda la chose suivante :

– Chaque fois que ta coépouse commence à t’insulter, bois une grande gorgée d’eau mais n’avale pas l’eau – garde le liquide en bouche et ne le recrache pas. Tant qu’elle sera entrain de t’insulter et te provoquer verbalement, garde l’eau dans ta bouche. N’en perd pas une seule goutte ni ne l’avale, sinon il t’arrivera malheur.

La femme trouva la prescription bizarre, mais elle décida néanmoins de suivre les conseils du devin. Dès que la provocatrice déclencha une nouvelle dispute, la seconde femme courut boire un verre d’eau et garda le liquide dans sa bouche. Elle ne pouvait retorquer à la seconde femme malgré toutes les provocations verbales dont elle était l’objet. Si elle ouvrait la bouche, l’eau allait se verser et le devin l’avait mise en garde de ne perdre une seule goutte d’eau. Elle dut donc supporter toutes les insultes de la seconde femme, malgré elle.  

La première femme ne pouvant parler, seule la coépouse provocatrice donnait de la voix dans la cour. Le mari revint plus tôt ce jour là et décida de se dissimuler dans les buissons pour découvrir par ses propres yeux et entendre de ses propres oreilles la manière dont ses coépouses se disputaient. Quelle ne fût pas sa surprise, après plusieurs minutes de surveillance, de se rendre compte que sa première femme, qu’il punissait souvent, ne parlait pas, mais seule la seconde s’en donnait à cœur joie avec insultes et provocations.

Le mari entra donc dans la maison, et arrêta net sa seconde femme qui essayait encore de le convaincre que la première femme était une peste provocatrice. Le mari répudia la méchante seconde épouse et rendit justice à celle qui avait de l’eau en bouche.

Elle avait de l’eau en bouche – Elle ne pouvait rien dire, malgré toutes les provocations. Le boconon avait fait montre d’une sagesse immense et j’espère que vous pouvez en tirer profit. La prochaine fois que votre mari / femme /enfant / collègue / patron (etc.) vous provoque et que vous ne pouvez résister à l’envie de lui cracher vos quatre vérités : prenez juste un verre d’eau et gardez le liquide en bouche le plus longtemps possible. Vous serez calmé, votre tension baissera et Dieu vous rendra justice pour votre patience.

Même si ce n’est pas de l’eau que vous buvez, faites semblant d’avoir quelque chose en bouche qui vous empêche de l’ouvrir.
L’homme qui a la maîtrise de soi ne réagit pas aux provocations – il est tout en contrôle.

Le meilleur moyen de l’emporter dans un débat, c’est de ne pas débattre du tout.

Qui d’autre a une belle histoire sur la patience ? Partagez avec nous je vous prie.


La manière d’utiliser l’esprit fait la différence entre deux hommes

Prenez l’exemple de deux agriculteurs. L’un très fort physiquement laboure avec acharnement son champ, tous les jours, mais avec sa houe et son coupe-coupe. Le second, de constitution physique moyenne, après avoir mûrement réfléchi à sa vie et à ses ambitions, décide de s’acheter un tracteur. Cela lui permet de labourer 10 à 20 fois plus de superficie que celui très fort physiquement qui utilise la houe.

Vous l’avez deviné, ce soir je veux parler d’intelligence. Je donnerai quelques exemples des résultats de son utilisation et quelques conseils pour que nous puissions en tirer le meilleur parti et je conclurai par quelques conseils.

Qu’est ce que l’intelligence ? : Selon le Wikitionnaire, l’intelligence peut être perçue comme la capacité à traiter l’information pour atteindre des objectifs.

Selon l’auteur américain Charles Haanel, les plus puissantes forces dans la nature telles l’électricité, la force électromagnétique, la loi de la gravité, l’intelligence, etc. sont invisibles et l’intelligence en est une.

La différence entre les hommes est donc l’usage qu’ils ont chacun fait de leur esprit. Cela peut permettre à l’un de péter dans la soir et l’autre de déchirer son pantalon s’il pète trop fort.

L’intelligence libère la force physique et permet au peuple de se mettre en valeur dans d’autres secteurs d’activité. Avant la révolution industrielle, plus de 30% de la population française vivait de l’agriculture. Aujourd’hui, avec la mécanisation de l’agriculture, seule 2% et encore moins de la population française et même allemande vit de l’agriculture et tenons-nous bien, la superficie mise en valeur est largement supérieure à ce que produisait les 30%.

J’ai visité l’exploitation agricole de quelques amis en Bretagne en France.  Ils sont seulement 5 individus, mais ils exploitent 150 hectares de terre. Ils possèdent 3000 chèvres, 150 vaches à lait, une unité de production de biogaz et d’électricité, une unité de fabrication de fromage pour ne citer que ceux-là. Et ils sont 5 personnes à faire tout ce travail, grâce à la mécanisation.

Prenez une exploitation agricole de 150 hectares dans un pays africain ordinaire. Vous y trouverez un Directeur tout puissant avec un bureau bien cossu et une voiture de fonction. Il y aura également un directeur adjoint, puis plusieurs sections d’activité, plus 150 employés et quelques outils automatiques qui sont pour la plupart en panne. Le Directeur et son staff passeront le plus clair de leurs journées à régler les conflits larvés entre les travailleurs et en fin de compte, l’exploitation ne produira jamais rien de concret et fera bientôt faillite. Selon Stanislaw Jerzy Lec : Quand un cannibale mange avec une fourchette et un couteau, est-ce un progrès ?

Ce n’est pas la faute du directeur et des travailleurs. Ce n’est pas qu’ils manquent d’intelligence. Loin de là, ils sont très intelligents comme mes amis bretons. La seule différence est que les bretons ont utilisé la puissance de leur esprit pour fixer des objectifs clairs et se sont donné les moyens de les réaliser. Les autres n’ont pas réfléchi à fond à leurs objectifs et aux meilleurs moyens de les atteindre. Ils se sont levés, ont décidé de faire de la production agricole sur une superficie de 150 hectares, puis ont saisi leur houe et coupe-coupe et se sont mis au travail, comme ils ont vu faire leurs parents et les parent de leurs parents avant eux.

Nicolas Sarkozy à choqué l’Afrique tout entière en déclarant que l’homme Africain n’est pas assez entré dans l’histoire car il continue de vivre au rythme des saisons. Je pense que Sarkozy s’est mal exprimé. L’homme africain est bien entré dans l’histoire et à même fait l’histoire, il n’est juste pas bien entré dans la révolution industrielle. mais même avec tous les outils formidables que rendent disponibles la technologie et l’industrie, il est nécessaire de penser aux meilleurs moyens d’atteindre ses fins.

De 100 hommes qui finissent l’université, 5 seulement seront financièrement autonomes et de ces 5, un seul sera vraiment riche. Des 95% restants, 65 vivront de sécurité sociale ou de l’aide de la famille, 10 seront morts et le reste devra trimer chaque jour pour s’en sortir.  Les études ont démontré que les 5% qui sont devenus riches s’étaient déjà fixé des objectifs clairs depuis les bancs de l’université. Ils savaient exactement ce qu’ils voulaient de la vie, et en étaient convaincus et se sont donné plus tard les moyens de réaliser leurs ambitions.

De nos jours, l’homme qui refuse d’utiliser l’électricité et tous ses bienfaits restera en arrière, loin derrière les autres. Tel sera aussi le sort de celui qui refuse d’utiliser son esprit pour réfléchir en profondeur aux choses. Il sera comme un paysan trimant avec sa houe du matin au soir alors que des tracteurs sont disponibles.

Pour conclure, je nous exhorterai à partir de maintenant, évaluez votre vie, votre quotidien, vos activités génératrices de revenus, vos boulots. Faites votre introspection et demandez-vous si vous êtes en train d’utiliser une houe ou un tracteur.


France-Afrique : Un peu de respect pour nos cultures.

Je n’ai rien contre la polygamie. Je ne la trouve ni bonne ni mauvaise car je respecte toutes les cultures du monde. Il n’y pas une culture qui vaille mieux qu’une autre. La polygamie, pratiquée en Asie et Afrique est interdite en Europe et Amérique du Nord tandis que le sexe entre êtres humains de même genre pratiqué en occident est interdit en Afrique. Le changement de sexe est même vue comme une abomination. Mais cela s’arrête là. Les Africains ne prennent pas la posture des donneurs de leçons envoyer les autres cultures malgré les différences qui se creusent de plus en plus. La tolérance est le maître-mot.

Respect mutuel
Tel n’est malheureusement le cas de certaines têtes bien-pensantes françaises. Il y a quelques jours, j’ai été très choqué en écoutant une émission sur RFI l’invitée d’une émission, une certaine dame française, experte dans son domaine de compétence qui estimait que le fait que le nouveau Président Sénégalais, son excellence Bassirou Diomaye Faye se soit montré officiellement avec ses deux femmes, affichant ainsi sa polygamie aux yeux du monde n’était pas du tout une bonne chose et un grave recul pour les droits des femmes. Mais quelle prétention que celle de cette dame. Pour qui se prend t-telle pour juger ainsi la culture de plus deux milliards d’habitants de la terre ? les Africains sont contre l’homosexualité et les changements de sexe, mais ils n’en ont pourtant pas fait une condition de coopération avec les puissances occidentales. Les africains ne se sont pas érigés en donneurs de leçon envers les occidentaux. Les africains n’ont pas créé un poste d’envoyé spécial pour la défense des droits des polygames comme la France l’a fait pour les Droits LGBTQ. Mais pourquoi les gouvernements occidentaux se croient ils obligés de donner des leçons de morale aux africains par rapport à leur culture.

Des postures dommageables
Les égarements et les postures hautains du gouvernement français ont entraîné le rejet de la politique et de la présence militaire française dans plusieurs pays africains. Si les intellectuels et les médias occidentaux en général et français en particulier ne font pas attention, ils risquent de provoquer aussi le rejet de la culture et des médias français par les peuples africains.

Les médias doivent dire la vérité
Les médias surtout eux se doivent de dire la vérité et non d’influencer habilement les peuples. Je condamne avec force l’action de la Russie en Ukraine. Tout différend devrait se régler par le dialogue et non par la force. Il est quand même aberrant que les humains dépensent des milliards de dollars juste pour tirer des bombes qui explosent et c’est tout. Mais je m’oppose aussi avec force aux médias qui depuis le début ont raconté des mensonges sur cette guerre. De très sérieuses chaînes d’information françaises ont rapporté que les Russes n’avaient plus de fusils et que les soldats russes attaquaient les positions ukrainiennes avec des pelles et des pioches. Plusieurs mois après la réalité du terrain et l’avancée russe sont devenues tellement évidentes que le président français a estimé que la Russie représentait une menace pour la France. Je me demande si ce sont les soldats russes armées de pelles et de pioches et se déplaçant à motos et en Golf carts qui menacent ainsi toute l’Europe. Soyons un peu sérieux s’il vous plaît.

Relations Post Coloniales France-Afrique : un grand gâchis – Une occasion râtée
La France occupe une place à part dans le cœur des africains francophones. Une grande majorité des africains soutiennent les athlètes et les équipes françaises lors des compétitions internationales car la France est comme une seconde patrie naturelle pour les francophones à cause de la proximité de la langue et de plusieurs autres choses. Parfois ils soutiennent l’équipe de France de football même lorsqu’elle est opposée à des équipes africaines. Mais les politiciens français n’ont rien fait pour capitaliser sur cet amour naturel. La France perd sa position dominante aujourd’hui au profit de la Chine, de la Russie et la Turquie en particulier car ces derniers proposent un modèle de partenariat gagnant-gagnant, sans posture paternaliste. Ce n’est pas parfait mais c’est déjà un bon début. Avec sa position dominante acquise par la colonisation, la France aurait pu influencer positivement le développement des pays africains. Elle aurait pu mettre la pression sur les gouvernants pour que les pays soient aussi bien gérés que la France l’était. Les gouvernements français auraient pu influencer les gouvernements des pays où ils exerçaient une forte influence pour faire construire des routes, des hôpitaux, des écoles, des services sociaux de qualité, des infrastructures dignes du nom et un système institutionnel fort et au service du peuple. En travaillant au développement des pays africains, la France aurait naturellement créé un grand marché de consommateurs pour ses produits manufacturés, des marchés pour ses entreprises et industries, et les peuples qui la regarderont comme un modèle culturel, économique et social à suivre. Les rivaux tels que la Chine et la Russie auraient eu fort à faire aujourd’hui pour déboulonner la France du cœur des Africains francophones car la France aurait contribué à leur développement et épanouissement. Mais les élites politiques françaises ont fait tout le contraire. Ils mirent en place une influence qui ne prit point à cœur l’intérêt des peuples africains. Ce fut un partenariat économique injuste, un paternalisme pesant, même pour les premiers bénéficiaires qu’étaient les gouvernants africains. Et on ne peut que se dire : quel gâchis.

La France aurait dû être plus proche de l’Afrique tout en étant dans l’UE
Avec le gouvernement actuel, la France se tourne de plus en plus vers l’Europe et ne jure que par le groupe de mot « Plus d’Europe ». Mais un citoyen français en voyage en Afrique francophone n’a pas besoin d’interprète, est bien accueilli et privilégié, même par rapport aux nationaux. A contrario, un citoyen français en voyage en Lituanie, en Tchéquie ou en Estonie aura besoin d’interprète et d’adaptation à une nouvelle culture. Je pense que certains pays européens, quoique géographiquement proche de la France en sont quand même très éloignés par la culture et la langue qui me semble être le premier élément de rapprochement entre deux peuples.

La France a perdu presque complètement son influence politique, financier, militaire et moral dans plusieurs pays africains et c’est bien dommage.

Les Elites devraient écouter le merveilleux peuple français
Mais les élites politiques françaises ne sont pas seulement sourdes aux aspirations des africains, mais elles le sont également envers le peuple français. A l’entre-deux tours des législatives, tous les politiciens français qui se considéraient comme de l’arc républicain ou de prétendu cordon sanitaire n’avaient qu’un seul message : faire barrage au Rassemblement National. Ont-ils seulement pris la peine de réfléchir au message que le peuple de France voulait faire passer par ce vote massif en faveur du RN ? eh bien non ! Ils n’ont pas pris le temps de faire leur mea-culpa. Ils n’ont pas le temps d’écouter le peuple. Ils pensent savoir mieux que le peuple ce qui est bon pour ce dernier. Ils pensent que 33% des Français se sont trompé en glissant un bulletin RN dans l’urne. Ceux qui ont conduit le pays dans les difficultés actuelles ont l’audace de dire au peuple qu’ils sont les meilleurs et les sauveurs et que le RN est le camp de la catastrophe. Mais comment osent-ils ? ils ont laissé de côté tous les programmes politiques, économiques et sociaux. Le seul thème de l’entre-deux-tours de campagne a été de faire barrage au RN. Mais est-ce ce que le peuple attendait d’eux. S’ils continuent ainsi à jouer les sourds et surtout les surdoués aux dépends du peuple de France, ils seront chassés du pouvoir très bientôt par une raz-de-marée RN de même que l’armée française a été chassée de certains pays africains.

Les africains francophones aiment profondément le peuple français et la France en tant que pays, et cela n’est pas près de changer, mais ce sont les politiciens français et les élites qui écornent l’image de ce beau pays auprès des africains. Le temps de l’auto-critique est peut-être arrivé.


Les légendes du Fâ : Toula Gbe

Toula do logbé. Ce signe est de bon augure pour une personne qui a déjà échoué à plusieurs examens par exemple. Si un tel signe apparaît à la consultation, le Boconon (prêtre du Fâ) va assurer au consultant que même s’il ne fait pas de grandes révisions, il réussira à son examen.

Toula Medji

Le porteur du signe Toula Medji n’est pas souvent grand de taille. Il est de teint bronzé, un peu clair. Il fait les choses avec soin, en prenant tout son temps, il n’est pas souvent pressé. Il aura souvent des conflits, non pas avec des personnes de son rang mais d’un rang social élevé. On tentera de lui arracher des choses ou idées lui appartenant. Si le conflit n’est pas vite résolu, ceux qui sont en lutte avec lui finiront par mourir.

Le travailleur sera récompensé

C’est l’histoire de l’écureuil. Ce petit animal, très timide n’aime pas apparaître en public. Il s’est éloigné de la communauté et s’est consacré à cultiver son champ. Il l’a cultivé avec soin. Son champ était très beau à voir et très bien aménagé. Un jour, le bouc parcourait la forêt et tomba par hasard sur le champ de l’écureuil. Le bouc se dit qu’il ne pouvait laisser ce petit animal insignifiant avoir le mérite d’un tel champ. Il décida donc d’exproprier l’écureuil et de se faire passer pour le propriétaire du champ. Le bouc menaçait l’écureuil de l’écraser d’un coup de patte s’il ne renonçait pas au champ. Le conflit dégénéra et les deux protagonistes se retrouvèrent devant le tribunal de Mintolonfin, le grand roi de l’univers, Roi des animaux et des hommes.

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Ne sachant comment trancher cette affaire épineuse, le Roi de l’univers consulta le Fa. Le Fa recommanda au Roi de prendre deux grands pots en terre cuite, de les remplir de pierre mais de dissimuler également un espion dans chaque pot de terre. Les deux pots furent donc posés le lendemain matin sur la place publique et devant tous les villageois, hommes et animaux réunis. Le Roi ordonna au bouc et à l’écureuil de se charger chacun d’un pot, de faire le tour du village et de revenir. Ils devaient partir les deux dans des directions opposées. Durant son périple, le bouc se parlait à lui-même à haute voix disant : « Comment ce petit animal insignifiant, cet écureuil si timide peut-il me résister ? Pourquoi doit-il être si compliqué de lui arracher ce champ ? On verra bien ce qu’on verra. ». De son côté, l’écureuil se lamentait aussi à haute voix avec sa charge sur la tête : « C’est pourtant mon champ, le fruit de mes efforts, pourquoi le bouc veut-il me l’arracher ainsi ? ». Aucun des deux animaux ne savait que des espions du Roi étaient cachés dans les pots de terre qu’ils portaient.

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Lorsqu’ils furent revenus de leur tour du village, le Roi les fit décharger, ouvrit les pot de terre et les espions du Roi en sortirent. Chaque espion fit publiquement son rapport au Roi en rapportant fidèlement ce qu’ils avaient entendu en étant cachés dans le pot de terre. Tout le village eut alors la preuve que le champ n’appartenait pas au bouc. Comme sanction, le bouc fut donc immolé sur la place publique. C’est depuis ce jour que le bouc est devenu l’unique l’animal qu’on immole toujours aux divinités des places publiques.

Pour écouter cette histoire sous forme de chanson interprété par l’artiste béninois Ebawade, cliquez ici.


Les Histoires du FÂ : GBE DI – Le bâton fait taire la grenouille

Une rivière traversait les propriétés du Roi et les habitants du village allaient y pêcher du poisson, des grenouilles, etc. Mais la nuit, une grenouille élisait domicile auprès du cours d’eau et croassait avec énergie toute la nuit.

Personne ne savait pourquoi elle croassait tant. Toutes les nuits la grenouille reprenait le même manège : GBE DI GBE DI GBE DI. Fatigué par ce constant raffut nocturne, le Roi se demandait pourquoi il devait subir cela. En effet l’homme qui a tiré le Fa GBE DI se pose toujours des questions sur divers sujets dans sa vie. Jour et nuit, cet homme a toujours un sujet d’inquiétude, de stress.

Le Roi finit par aller demander à un Boconon comment en finir avec ce bruit nocturne. Le roi voulait aussi savoir pourquoi le cours d’eau où tout est calme dans la journée lorsqu’il va faire sa pêche devient si bruyante une fois la nuit tombée. Le Boconon répondit au roi qu’il y a une divinité des eaux appelée TOHOSSOU qu’il doit rechercher et trouver. Selon le Boconon la divinité TOHOSSOU quitte le cours d’eau la nuit pour venir faire du bruit derrière la maison du Roi. Pour conjurer le sort, le Fa proposa au Roi de prendre le bâton avec lequel on tape le tam-tam pour faire un sacrifice – et le Roi devra jeter le bâton ainsi consacré dans le cours d’eau.

Le sacrifice fut donc fait et la nuit, le Roi alla jeter le bâton dans le cours d’eau. Dès que le bâton tomba sur la grenouille, le Roi entendit le bruit GBE DI et tout devint calme. On dit que la grenouille se tait lorsqu’elle reçoit un coup de bâton sur la tête. Ainsi donc, dès que le Roi jeta le bâton dans le cours d’eau, la voix de la grenouille cessa et à son retour à la maison, le Roi n’entendit plus rien. Le Roi était tellement content qu’il offrit des actions de grâces au Fa qui venait de lui prouver son efficacité.

Les aphorismes

La personne qui trouve le signe du Fa GBE DI a des problèmes, des soucis, des imprévus graves qui nécessitent des solutions urgentes. Le Fa dit que la personne prend la route, mais la route s’estompe devant lui. Le Fa parle de conflits – la personne n’a pas assez de pouvoir mais elle aime les conflits et les épreuves de forces. Elle tente de prendre des vengeances sans assurer ses arrières, sans avoir de solides appuis, de solides arguments.

Le signe GBE DI stipule que la personne tente de s’accaparer de quelque chose mais il n’entend point la voix de la chose – toutes ses tentatives échouent – dans tous les sens, tout ce que la personne entreprend échoue. La personne vient donc demander au Fâ les dispositions à prendre pour réussir et le Fa recommande GBE DI.

Le signe GBE DI affirme que le beurre de karité embouteillé ne coule pas de la bouteille comme de l’huile lorsqu’on dirige le goulot de la bouteille vers le bas – le beure de karité colle à la bouteille et rien ne bouge – tout est figé dans cet univers bouteille/beurre de karité.

GBE DI affirme que lorsqu’un bâton frappe une grenouille près du cours d’eau, on entend le bruit GBE DI. GBE DI affirme que tel que le beurre de karité colle à la bouteille, tout est figé, tout est compliqué – comme sans issue. Le beurre de karité ne veut pas laisser la bouteille et la bouteille ne veut pas lâcher le beurre de karité.

À la personne qui a trouvé le signe GBE DI, le Boconon dira qu’elle aime colporter des ragots sur le compte des autres – elle s’intéresse trop à ce qui ne le regarde pas – celui qui trouve le signe GEB DI se rendra compte que ses succès ne sont pas linéaires. Tantôt tout va bien et l’instant d’après tout va mal. Son progrès est en dent de scie.

La personne qui a trouvé le Fa GBE DI se pose toujours des questions sur divers sujets dans sa vie. Le jour ou la nuit, il a toujours un sujet d’inquiétude, de questionnement. De plus, la personne qui a trouvé le GBE DI ne doit donc pas être noctambule. Il doit s’arranger pour faire toutes ces activités dans la journée. Tant qu’il aimera circuler dans la nuit, il aura toujours des sujets de préoccupation.

A l’image du Roi, toute personne qui trouve le GBE DI et qui est déjà au Fa doit faire des offrandes à son Fa – Si elle ne s’occupe pas bien de son Fâ, il lui sera difficile de concrétiser ses projets. Son progrès dans la vie sera en dents de scie, avec plus de bas que de hauts.

GBE DI dit qu’on n’utilise pas les arrêts de poisson pour fabriquer son appeau pour y siffler, mais on utilise du bois bien solide. Mais voilà qu’il veut siffler dans l’appeau mais ne peut pas. L’appeau est souvent siffler pour accompagner les chants et parfois assurer les transitions de rythme. GBE DI affirme qu’il faut l’appeau pour que la musique soit bien rythmée. Donc celui qui trouve le signe GBE DI doit trouver l’équivalent de l’appeau dans sa vie pour que celle-ci soit bien rythmée – sinon il aura beau entreprendre diverses activités, elle ne porteront jamais de fruits.

Le Fa recommande donc à la personne d’aller chercher le bois qui permet de fabriquer l’appeau pour en faire un sacrifice afin que sa voix puisse porter loin et que les activités qu’elle entreprend puissent avoir du succès et porter des fruits. C’est pourquoi les Boconons disent souvent qu’il vont prendre un appeau ou le bois qui sert à fabriquer l’appeau pour faire un sacrifice.

Si la personne est une femme, le Boconon lui expliquera qu’il lui sera difficile d’avoir une bonne assise, de se stabiliser chez un mari. On lui dira qu’il faudra faire un sacrifice. On doit lui faire un sacrifice avec un tabouret qui symbolise l’assise, la stabilité d’une femme dans un foyer. Si elle ne fait pas ce sacrifice, il lui sera difficile de se stabiliser chez le mari et un bon jour, elle finira par perdre sa place, remplacée qu’elle sera par une autre.

SI c’est un homme qui a trouvé le signe GBE DI, on lui expliquera que s’il ne change pas de maison ou d’environnement, rien ne lui réussira dans sa vie. GEB DI dit que lorsqu’un tam-tam bien fabriqué résonne, on n’entend plus le tam-tam mal fabriqué. Le Fa insiste sur le fait que la personne doive changer de milieu de vie, si non, aucune de ses activités ne sera couronnée de succès, personne ne lui accordera du crédit pour ses réalisations car elles seront inexistantes. GBE DI affirme qu’il faut déménager avant de pouvoir réussir dans la vie. En restant au même endroit, on ne s’en sortira jamais. BO DRIN BO DJE DON. Passe donc, avance vers là-bas afin que tout le monde puisse entendre ce que tu as à dire.


Les Histoires du Fâ : GBE LOSSO

Les arts divinatoires se pratiquent depuis toujours en Afrique Sub-Saharienne sous diverses appelations. Au Bénin, le berceau du Vaudoun, l’art divinatoire le plus répandu est appelée le Fâ. les devins sont appelés les BOCONON. Chaque signe du Fâ est soutenu par plusieurs Histoires ou légendes. Ces légendes sont des contes merveilleuses qui racontent comment des personnages ( animaux et humains) ont pu se sortir de certaines difficultés en leur temps. Le Bocon se basant donc sur les problèmes et solutions du passé conseille la personne venue consulter pour les actions et paroles à prononcer pour se tirer d’affaire. Le Fâ se base ainsi sur le principe : Ce qui a été, c’est ce qui sera, et ce qui s’est fait, c’est ce qui se fera, il n’y a rien de nouveau sous le soleil.

Voici aujourd’hui une des légendes du signe de Fâ GBE LOSSO

Ce Fa parle de malheur. AGOOOO – C’est la voix qui crie dans la nuit pour annoncer le passage d’un cortège funèbre. GBE LOSSO demande par quel porte le cercueil entrera dans la maison ?

Le signe GBE LOSSO stipule qu’il y a une mauvaise nouvelle, une triste nouvelle, un décès sera bientôt annoncé. Ce signe du Fa stipule qu’un cercueil risque d’arriver bientôt dans la maison. Mais le Fa est formel, le décès n’est ni celui de l’enfant, ni du père, ni de la mère, mais une mauvaise nouvelle viendra de loin quand même.

Si c’est un homme qui a tiré ce Fa lors d’une consultation, c’est qu’il soupçonne sa mère de pratiquer la sorcellerie et il n’a donc pas entièrement confiance en elle. Le Boconon dira à cet homme qu’il y a un DAN (serpent) qui imite la voix de la mère afin de tenter ses enfants de la maison.

Ce FA parle donc surtout de deuil, de décès mais et aussi surtout de soupçon de sorcellerie envers une mère (dans le cas où le consultant est un homme).

GBE LOSSO implique également que la personne aime trop fouiner dans les affaires d’autrui. On dira à une telle personne d’arrêter de fouiner sinon cela pourra lui attirer un grand malheur dans sa maison.

GBE LOSSO dit que l’arbre debout ne parle pas, mais lorsque le vent souffle, on entend sa voix. Le Roi a planté un arbre et affirme que l’arbre parle et que lui le Roi parvient à entendre sa voix. Le Roi Mintolonfin qui a affirmé que son arbre parle et qu’il est le seul à l’entendre parler sait comment il a créé et planter son arbre car c’est lui le créateur du ciel et de la terre. Pourquoi donc toi homme décides tu d’aller faire des enquêtes dans le dos du Roi pour savoir ce qu’il en est réellement de l’arbre qui parle ? Pourquoi veux tu faire des recherches pour que l’arbre puisse te parler comme il parle au Roi ? et de plus en cas de survenue d’un malheur, tu soupçonneras ton prochain d’être à l’origine de tes malheurs – alors qu’en vérité, c’est ton habitude de fouiner dans les affaires d’autrui qui est la cause de tes problèmes.

Donc le Fa conseille instamment à cet homme d’arrêter de fouiner dans les affaires d’autrui – d’arrêter de s’intéresser aux affaires d’autrui.

L’arbre du bon Dieu passe par plusieurs états : parfois il se consume, parfois il répand de l’eau, parfois il pleure et verse des larmes, parfois il renifle – et toi tu fouines partout pour comprendre pourquoi l’arbre se comporte ainsi. Avec GBE LOSSO, le Fa insiste et dit que si un malheur n’est pas déjà survenu dans le foyer de la personne, alors ce malheur n’est plus loin – le malheur se rapproche, à cause de cette mauvaise habitude de mettre son nez dans les affaires d’autrui.

Un homme alla donc consulter le Fa pour demander quelles dispositions mystiques il devait prendre pour pouvoir entendre aussi la voix de l’arbre planté par MINTOLONFIN. Le Fa répondit à l’homme qu’il est trop curieux et que sa curiosité finira par lui attirer un malheur mortel – et que d’ailleurs, un événement funèbre se rapproche de lui et qu’il doit très vite arrêter de fouiner. Il est actuellement en train de fouiner dans plusieurs affaires mais il ferait mieux de faire demi-tour et d’abandonner cette mauvaise habitude qu’est la curiosité – car des choses plus importantes requièrent son attention. Le Fa supplie la personne de se détourner des palabres inutiles et stériles qui ne lui rapporteront rien d’important – il ferait vraiment mieux d’orienter ses énergies vers autre chose.

GBE LOSSO stipule aussi que la personne venue consulter le Fa devrait prendre soin de la divinité tonnerre – HEBIOSSO, (élément feu) à travers le serpent qui est son totème.

Le FA GBE LOSSO dit encore qu’un chasseur a fait une promesse au FA et le Fa lui rappelle de tenir sa promesse. C’est l’histoire d’un grand chasseur, renommé pour sa dextérité. Mais il arriva que malgré des nuits et des jours de pistage et de recherche, il n’arrivait à tuer aucun gibier. Il y avait une divinité DAN (divinité de la prospérité) au bord de l’une des routes que le chasseur empruntait pour aller à la chasse. Le chasseur alla donc supplier la divinité DAN de lui accorder ses faveurs car cela faisait longtemps que ses chasses étaient infructueuses. Le chasseur demanda à la divinité comment s’y prendre pour améliorer les choses.

GBE LOSSO stipule donc que la personne n’arrive pas à concrétiser ses projets. Il entame plusieurs choses, mais toutes restent inachevées – et pourtant il avait fait des promesses à une divinité. Le FA recommande donc de retrouver la divinité serpent et de tenir ses promesses. Le chasseur avait promis à la divinité Dan de lui offrir un sacrifice si sa chasse était fructueuse. Le chasseur connut une chasse fructueuse, mais il oublia de tenir ses promesses envers la divinité Serpent. . Il oublia complètement la divinité et continua à aller à la chasse et à consommer tout le gibier. Après un certain temps, ses chasses redevinrent infructueuses. Le chasseur alla donc consulter le Fa pour savoir comment conjurer le sort. Le FA lui répondit qu’il y a un projet de voyage en perspective pour lui. Soit le programme est déjà établi, soit il reste à être établi, seulement que le voyageur devra surmonter plusieurs obstacles avant de concrétiser son projet de voyage. EN effet une affaire de promesses non tenues entrave ses efforts. Cette promesse non tenue constitue un blocage et il faut retourner à l’endroit où la promesse non tenue a été faite et honorer sa promesse avant que les blocages ne disparaissent.

GBE LOSSO continue en annonçant qu’il y a une affaire d’enfant égaré en vue. Si l’enfant n’est pas déjà perdu, alors il s’égarera dans pas longtemps et ce sera un problème assez sérieux. Le FA annonce que le tonnerre va frapper et les cheveux en souffriront et disparaitront. Le fa annonce qu’il y a un DAN (divinité de la prospérité) à qui l’on a fait une promesse et que l’on n’a pas tenu parole. Furieuse, la divinité serpent viendra arracher un des enfants de la personne n’ayant pas honoré ses promesses. Le FA annonce que soit l’enfant est déjà perdu et les recherches sont en cours, soit la divinité DAN enlèvera bientôt l’enfant.

Donc à la personne qui trouve le Fa GBE LOSSO, le Boconon lui recommande que si un de ses enfants n’est pas encore égaré, il devra prendre les dispositions pour les protéger, si non quelque chose peut lui ravir un enfant ou encore un de ses enfants pourrait disparaître brusquement.


L’individualisme solidaire occidental : rendons à César ce qui appartient à César

Nous avons souvent entendu parler de la solidarité africaine et de l’individualisme reproché aux sociétés occidentales. Mais, après avoir vécu aux États-Unis pendant un certain temps, j’ai été agréablement surpris de découvrir une réalité différente. J’ai constaté que derrière cet individualisme, il existe une forme de solidarité discrète mais puissante, où chaque personne apporte sa contribution pour aider les autres.

Crédit photo : RDNE Stock project pour Pexels

Depuis de nombreuses années, j’ai été témoin de conversations entre Africains et même certains Occidentaux qui glorifient la solidarité comme l’une des valeurs humaines les plus admirables de la société africaine. Les sociétés occidentales, quant à elles, ont souvent été critiquées pour leur individualisme présumé, où les relations humaines manqueraient de spontanéité et où chacun se retranche chez soi, même entre amis et membres de la famille qui doivent prendre rendez-vous pour se voir. Pendant longtemps, j’ai moi-même adhéré à ces clichés, jusqu’à ce que je décide de vivre aux États-Unis il y a quelques années.

Cette expérience m’a donné l’opportunité de comparer directement les deux sociétés, et je dois avouer que cela a ébranlé mes préjugés. J’ai réalisé que de nombreuses idées reçues circulant sur la société occidentale étaient basées sur des généralisations simplistes. J’ai découvert une réalité bien différente, une facette souvent méconnue de la vie quotidienne en Occident.

Découverte de l’individualisme « solidaire » occidental

Lorsque ma famille et moi sommes arrivés aux États-Unis en tant que nouveaux migrants, j’ai été agréablement surpris de constater l’existence d’un réseau social et communautaire bien établi pour soutenir et intégrer les nouveaux arrivants. Bien que nous ayons rencontré des difficultés pour nous installer et nous acclimater, j’ai été impressionné par la multitude de solutions offertes à chaque problème. Des organisations à but non lucratif, des programmes gouvernementaux et même des individus dévoués se sont engagés corps et âme pour nous aider à trouver des solutions acceptables.

Au cours des deux premières semaines de notre installation, nous avons reçu gracieusement une abondance de vaisselle, de canapés, de lits et de matelas, de draps chauds, de tables et de chaises pour la salle à manger, d’accessoires pour la cuisine et la salle de bains, et bien d’autres choses encore. Une vieille dame vivant seule dans une maison isolée en pleine forêt nous a généreusement offert tous ces articles. Elle était en contact avec un réseau d’agents immobiliers qui déposaient chez elle tous les meubles et accessoires de cuisine, de salle de bains et de salon que des Américains donnaient gratuitement lorsqu’ils déménageaient d’une ancienne maison pour en intégrer une nouvelle. Cette dame était une figure reconnue dans le réseau informel des agents immobiliers et elle redistribuait gratuitement tout ce qui lui avait été donné, sans rien attendre en retour.

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Mais cela ne s’est pas arrêté là. Nous sommes entrés en contact avec une organisation non gouvernementale (ONG) qui collectait les invendus des supermarchés et des restaurants, les conservant dans des conditions optimales. Cela permettait aux familles dans le besoin de se ravitailler deux fois par mois en produits frais, condiments, conserves, riz, pâtes, huiles alimentaires, et bien d’autres encore, comme si elles faisaient leurs courses dans un supermarché.

Un autre département de cette même ONG encourageait les Américains à donner les vêtements et accessoires de mode dont ils n’avaient plus besoin. Les familles nécessiteuses pouvaient ainsi se fournir chaque mois, pour tous les membres de la famille, en fonction de leurs besoins vestimentaires.

Je me souviens clairement du soutien financier apporté par cette même ONG, qui nous a aidés à couvrir les avances de loyer et même à financer les activités extrascolaires de nos enfants, comme les programmes « After School ».

De nombreuses autres ONG offrent des repas chauds une fois par semaine aux sans-abri et à toute personne dans le besoin, qui ne peut se permettre un repas.

L’importance des initiatives individuelles et des ONG dans la société occidentale

Aux États-Unis, le bénévolat est bien plus qu’une simple action charitable occasionnelle. C’est un véritable pilier de la société, un moyen pour les individus de s’engager activement dans leur communauté et de contribuer à un changement positif. De la petite ville tranquille aux quartiers urbains dynamiques, le bénévolat joue un rôle essentiel dans la création de liens solides entre les citoyens et le renforcement du tissu social.

Dès le primaire jusqu’à l’université, et même dans leur vie active, les jeunes Américains sont vivement encouragés, de toutes les manières possibles, à s’engager au service de leur communauté. Les travaux bénévoles auprès d’ONG, d’hôpitaux, de centres pour personnes âgées, de centres de distribution de nourriture et de vêtements, pour aider ceux qui sont dans le besoin, sont fortement recommandés, et même pris en compte comme critères d’admission dans les grandes universités. Des plateformes en ligne incitent les jeunes à offrir bénévolement leur temps et leurs compétences à leur communauté.

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Et ce n’est pas tout. Les bibliothèques publiques, dotées d’une riche sélection de livres, de supports audio et vidéo de toutes sortes, organisent régulièrement des cours d’anglais gratuits pour les nouveaux migrants, quel que soit leur âge. Les librairies offrent gratuitement l’accès à Internet pendant autant d’heures que vous le souhaitez, proposent l’impression de documents à moindre coût, et dispensent diverses formations en entrepreneuriat à la fois pour les nouveaux migrants et les résidents plus anciens.

Mais d’où proviennent les ressources de ces ONG, bibliothèques et centres de repas gratuits ? Elles sont principalement issues des dons volontaires des simples Américains, qui reversent une partie de leurs revenus pour aider indirectement les plus démunis.

Dans les hôpitaux, des personnes âgées, déjà à la retraite, se portent volontaires pour accueillir les patients et les guider dans les méandres du système hospitalier. Plutôt que de rester chez eux en tant que retraités, ils préfèrent consacrer leur temps à ces tâches d’accueil et d’assistance.

L’individualisme solidaire, une volonté de contribuer activement au bien-être collectif

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C’est vrai que le soir, lorsque l’américain rentre dans sa maison, il aspire à sa paix et à son repos mérité après une dure journée de travail, mais peut-on vraiment lui en vouloir ? Il a déjà utilisé tous les canaux possibles pour partager avec la communauté ses revenus, son temps et ses ressources intellectuelles, créant ainsi un individualisme solidaire qui se distingue de la solidarité bruyante et sans effets palpables sur la vie des autres.

Cependant, il est essentiel de souligner que ce modèle d’individualisme solidaire n’est pas exclusif aux États-Unis. Lors de mon séjour en Bretagne, en France, j’ai eu la chance de rencontrer des agriculteurs qui vivent tranquillement dans leur coin, mais qui consacrent une partie de leurs revenus mensuels à venir en aide à des orphelins dans plusieurs pays africains. Ils s’organisent avec leurs amis pour collecter des dons dans les environs, offrant ainsi un peu de réconfort et de divertissement aux enfants démunis. Ils prennent même en charge les frais d’expédition de ces dons dans différents pays africains.

En fusionnant les valeurs de solidarité de l’Afrique avec l’individualisme solidaire occidental, les communautés africaines pourraient franchir un nouveau cap. En adoptant cet esprit de générosité et de partage, en utilisant les ressources individuelles pour le bien-être collectif, les sociétés africaines pourraient renforcer leur tissu social et améliorer la qualité de vie de ceux qui en ont le plus besoin.


Les Histoires du Fâ : LETE MEDJI – Légende de LETE, l’homme qui défia la mort et survécut

LE TE MINDJI est le signe de la Divinité terre (l’un des 4 éléments de la cosmogonie Fâ). La divinité Terre ou SAKPATA est très redoutable. Il faut éviter de jeter des sorts ou tenter d’envouter les natifs du signe LETE ou CHE. Si jamais vous tentez, vous serez confronté à Sakpata. Les natifs de ce signe sont donc presque intouchables par la sorcellerie et les envoutements. Les ennemis s’acharnent sur eux avec les gris-gris les plus puissants, pendant longtemps, mais sans résultat. Les ennemis pensent souvent que leurs cibles possède de puissants gris-gris de protection, mais ce n’est pas le cas. Les natifs du signe LETE bénéfice juste d’une protection naturelle liée à leur signe du Fa – on peut dire qu’ils sont nés sous une bonne étoile. Si malgré les échecs répétés l’ennemi continue, il se fera dévorer ou détruire par la « Terre »- SAKPATA ou une maladie liée à l’élément terre.

LEGENDE  DE LETE

Dans le Fâ, la divinité de la mort (la grande faucheuse) se nomme KOUHOSSOU qui est lui-même du signe LETE. La divinité de la mort était déchaîné dans le royaume et tuait les hommes en masse, sans aucune distinction. Il arriva qu’un jour, il ôta très méchamment la vie à une personne innocente. Outrés, les grands sorciers du royaume jugeant que la mort avait dépassée les bornes maitrisèrent Kouhossou et firent son procès. Kouhossou fut condamné et écroué en prison. Ce fut un grand soulagement pour tous les hommes dans le royaume. Mais, l’amour maternelle étant invariable et inconditionnelle, la mère de Kouhossou ne manquait jamais de lui rendre visite en prison et de lui apporter à manger.

La période d’emprisonnement de Kouhossou fut si longue que sa mère ayant dépensé toutes ses ressources se retrouva complètement démunie. Avant son emprisonnement, C’était la mort qui subvenait aux besoins de sa maman. La vieille femme était maintenant obligée de se rendre régulièrement chez la mère d’un jeune homme nommé LETE pour demander des ignames à cuisiner pour son fils. La maman de LETE répondait favorablement et fournissait toujours à la mère de Kouhossou les vivres nécessaires pour nourrir son fils emprisonné.

Kouhossou finit par purger sa peine de prison et la veille de sa libération, LETE et ses amis en jouaient au domino sous un arbre de la place du village. L’un des amis de LETE averti le groupe que le lendemain, il ne leur serait plus possible de jouer aux domino sur la place du village car c’était le jour où Kouhossou sera libéré de prison. LETE répondit à son ami qu’ils pourront jouer sans crainte, et que Kouhossou ne pouvait rien y faire. LETE ajouta même que Kouhossou pouvait aller « enculer » sa propre génitrice. En langue fon cela s’exprime par (Oun zoun Kou non Yomin) ce qui littéralement veut dire « j’encule la mère de la mort ». Sur la place du village, les amis de LETE étaient scandalisés par ses propos. Comment pouvait-il avoir l’audace d’insulter aussi méchamment Kouhossi, la divinité de la mort ? Des traitres dans le groupe allèrent immédiatement à la prison pour rapporter à Kouhossou les insultes proférées par LETE Médji contre sa génitrice. La divinité de la mort piqua une colère noire et déclara :
– Tant mieux pour LETE . Dès ma libération, je sais déjà qui je vais tuer en première position. LETE MEDJI a insulté ma mère et il est normal que je me venge, personne ne pourra me condamner pour avoir fait justice à ma mère.

Dès que Kouhossou fut libéré de prison, il se rendit en hâte au domicile de sa mère pour la saluer. Mais sa mère remarqua que Kouhossou était très pressé et nerveux. Curieuse, sa mère lui demanda les raisons de son impatience à se rendre en ville. Kouhossou lui répondit qu’il avait une affaire urgente à régler, une question d’honneur. Elle insista tant et si bien que Kouhossou finit par révéler à sa mère qu’elle était la personne la plus précieuse dans sa vie, mais qu’un individu venait de l’insulter grossièrement et qu’il se devait donc de prendre la vie de cette personne afin de laver son honneur. La mère de Kouhossou trouva que son fils avait raison. Elle lui demanda néanmoins qui était l’auteur du forfait. Kouhossou révéla à sa mère que c’était LETE MEDJI.

La maman de kouhossou baissa la tête, poussa un profond soupir et dit à son fils :
Celui-là, tu ne peux le tuer. Les ignames avec lesquelles je te nourrissais en prison m’étaient données par la Mère de LETE Mindji, tu ne peux donc pas le tuer. Ce serait une trop grande ingratitude. Après avoir considéré la situation sous tous les angles, Kouhossou fut obligé de laisser tomber l’affaire.

Et c’est ainsi que LETE MINDJI a insulté la mère de la divinité de la mort et a pourtant survécu, rien de mal ne pouvait lui arriver. (Une belle chanson béninoise illustre cette légende du Fâ).La personne née sous le signe du Fa LETE MINDJI doit prendre grand soin de sa mère. Le natif de ce signe vivra toute sa vie sous des menaces funestes, mais il sera toujours épargné à cause des actions de sa mère. Les oeuvres de sa maman consituent donc une absolution pour ses méfaits. Sa mère sera même obligée d’être une sorcière pour pouvoir traiter avec la mère de la divinité de la mort, être son amie, sa bienfaitrice afin d’épargner la vie de son enfant. Mais pour traiter avec la mère de la mort, il faut avoir une certaine puissance, raison pour laquelle la mère du porteur du signe LETE doit être une sorcière.

Le Boconon qui ne comprend pas bien la situation peut dire à la personne venue consulter que sa mère est une sorcière. Même si cela était vraie, la sorcellerie de la mère a pour but de protéger son enfant et non le tuer. La mère peut être dans une Eglise, un secte ou être membre d’une fraternité, mais une chose est certaine, elle dispose d’une indiscutable puissance spirituelle qui lui permet de veiller sur son enfant. Tant que cette mère sera en vie, l’enfant sera protégé. C’est la raison pour laquelle, il arrive que dans certaines familles, les enfants commencent par mourir l’un après l’autre après le décès de leurs parents (père et mère). La raison en est que les enfants n’ont plus la protection de leurs parents. On pense souvent qu’une personne dans la famille tue les enfants, ou qu’ils sont victimes de sorcellerie, mais c’est loin d’être le cas – C’est tout simplement naturel.  Ce sont leurs remparts (père et mère) qui sont tombés.

Tant que les parents sont vivants, les enfants sont protégés, mais dès que les parents disparaissent, la mort entre dans la maison. La maman constituait le parapluie des enfants. Pour cette raison, les parents sont sacrés au Bénin. Leur présence consitu une protection naturelle. Ils prennent des coups invisibles pour le commun des mortels à la place des enfants, même inconsciemment.

La personne née sous le signe LETE ne doit pas manger de l’igname, mais il doit toujours avoir de l’igname dans sa maison. En effet c’est l’igname qui a été donnée à la divinité de la mort en prison qui lui a sauvé la vie plus tard. Donc tant qu’il aura de l’igname dans la maison, les malheurs qui arriveront dans la maison seront absorbés par l’igname. Mais si la personne mange de l’igname, il souffrira de douleurs aux pieds.  Il doit aussi faire régulièrement ce qu’on appelle (Kou dio dio). Cela veut dire faire des cérémonies pour éloigner la mort.




Les Histoires du Fâ : DJI MEDJI – Légende des jumeaux, leur Maman et le Roi

Le Fa est un art divinatoire qui se pratique sous différents noms dans plusieurs d’Afrique Sub-Saharienne. Le Fâ comporte des centaines de milliers de belles histoires que les boconon racontent aux personnes venues les consulter. Dans cette Série appelée les histoires du Fâ, nous avons décidé de partager quelques belles histoires du Fâ avec vous.

Il étaient une fois, des jumeaux qui étaient très forts en divination. Ils étaient de très grands boconons. Mais dans le pays, le roi était le plus grand devin et c’est chez lui que l’on entendait la vérité. Néanmoins, la renommée des jumeaux s’accroissait au jour le jour, au point de faire de l’ombrage à la prééminence du roi. Devenu jaloux de la situation, le Roi envoya une convocation à tous les boconons du royaume, les invitant à une grande réunion. En fait son plan secret était de les égorger tous et rester ainsi le seul boconon du royaume.

Ayant eu la convocation, le premier jumeau se mit en route. Il prit 3 bouteilles d’eau, 3 bouteilles d’huile, 3 bouteilles de liqueur et 3 cauris (les cauris étaient la monnaie à l’époque). En route vers le lieu de réunion, il rencontra Legba (Lucifer), qui avait pris une forme humaine. Legba (divinité bienfaisante ou malfaisanteselon le comportement des humains envers lui) lui demanda l’aumône et le jumeau sans hésiter lui donna une bouteille d’eau, une bouteille de liqueur, une bouteille d’huile et un cauris et continua sa route. Quelques distances plus loin, Legba reprit une autre forme humaine, se présenta sur la route du jumeau et demanda encore une fois l’aumône. Le jumeau lui donna encore une unité de chaque chose, sans hésiter. La même scène se répéta pour la troisième fois et le jumeau remis sans hésiter le reste de son coli à LEGBA.

LEGBA dit alors au jumeau : parce que tu n’es pas avare, je vais te révéler la motivation cachée pour laquelle le roi t’a fait appeler. LEGBA lui révéla que lorsqu’il sera dans la cour du roi, ce dernier lui dira que la reine est enceinte et sur la point d’accoucher mais qu’il y a des complications, qu’il avait déjà consulté tous les grands médecins sans succès. Mais en fait ce n’était pas la reine qui était enceinte mais plutôt une vache du Roi qui geignait dans l’enclos et que le plan du Roi était de couper la tête aux jumeaux pour freiner leur ascension.

Arrivé dans le village, le Jumeau fit un arrêt auprès de sa mère pour la saluer. Cette dernière l’accueilli bien, lui offrit de l’eau pour se laver les pieds et pria pour lui afin que sa réunion chez le Roi soit couronnée de succès. Donc le natif de ce FA DJI MEDJI aura toujours le soutien de sa mère. Elle sera toujours entrain de prier pour lui.

Arrivé à la cour du Roi, le jumeau vit le Roi qui attendait, déjà entouré de sa cour. Il souhaita la bienvenue au Jumeau et lui dit que sa femme était enceinte et que l’accouchement se compliquait. Le Roi expliqua qu’il avait déjà consulté les grands Médecins et les tous les grands Boconon sans succès. Le jumeau Boconon prit de l’eau et du Vin qu’il offrit au Fa. Puis il sorti ces accessoires de consultation et consulta l’oracle. Il dit au Roi : Votre Majesté, je m’incline. Sauf votre respect, l’oracle révèle que c’est votre vache qui est enceinte et non la Reine. Le Roi lui répondit que si ce qu’il disait était la vérité de prendre le Asangnin qui était posé contre le mur et de le planter dans la pièce. Le Jumeau prit le Assangnin et demanda au Roi de bouger son pied afin qu’il puisse le planter. En effet le sol était dur et le seul endroit où le Assangnin pouvait s’enfoncer dans le sol était l’endroit où le Roi avait maintenu son pied. C’était un autre piège dont LEGBA avait averti le jumeau Boconon. Le Premier jumeau eut donc la vie sauve.

Le second jumeau était également en route. Il avait aussi trois bouteilles d’eau, trois bouteilles de liqueur et trois pièces d’argent. Après avoir parcouru une certaine distance, il rencontra aussi le LEGBA qui avait pris une forme humaine. Comme avec son frère, Legba lui demanda de lui donner quelque chose. Le second jumeau aussi prit une unité de chaque chose et en fit cadeau à Lègba. Après une certaine distance, Lègba reprit encore une forme humaine et lui demanda à nouveau des cadeaux. Le jumeau lui remit encore une unité de chaque chose. LEGBA reprit le même manège un peu plus loin. Le second jumeau lui donna alors le reste des choses qu’il transportait. Le Lègba lui dit alors, puisque tu n’as pas été avare, je vais te révéler la raison pour laquelle le Roi t’a invité. Si tu arrives et que le Roi te demande dans quelle chambre se trouve ton frère, réponds au Roi que c’est dans la chambre en face de lui. Le Roi te dira aussi que sa femme, la Reine est enceinte et que la retraite connait des complications. Le Roi dira qu’il a consulté tous les grands Boconons sans succès. Tu répondras au Roi que ce n’est pas sa femme qui enceinte mais plutôt sa vache. Le Roi te demandera alors de planter le Assangnin dans le sol. Regardes l’endroit où ton frère a planté le Assangni et plante le au niveau du second pied du Roi. Si tu tentes de planter le Assangnin ailleurs, il ne s’enfoncera pas dans le sol et le Roi te coupera la tête. Le second Jumeau remercia LEGBA et continua sa route.

Arrivé dans le village, le second jumeau alla aussi rendre visite à sa mère. Cette dernière l’accueilli, lui donna de l’eau pour se laver les pieds. Elle le bénit et lui prédit que tout se passera bien lors son voyage chez le Roi. Elle l’informa que son frère jumeau l’avait déjà devancé. Le second jumeau arriva à la cour du Roi et ce demanda au second jumeau dans quelle chambre se trouvait son frère. Il lui répondit que c’était dans la chambre en face du Roi. Le Roi lui dit alors que sa femme, la Reine était enceinte et souffrante et que tous les Boconons consultés n’ont pu la soulager. Le jumeau consulta le Fa et dit au Roi qu’avec tout le respect qu’il lui devait, que c’était sa vache qui était gestante et non sa femme la Reine. Le Roi dit alors au second jumeau que si ce qu’il disait était vrai, il devait planter le Assangnin dans le sol. Le second jumeau prit donc le assangnin et voulu le planter à l’emplacement du second pied du Roi. Celui-ci recula précipitamment son pied et le assangnin se planta dans le sol.

Le Roi fit sortir alors le premier jumeau de la chambre où il le gardait et déclara solennellement aux deux jumeaux que plus jamais personne ne mentira sur leur compte sans payer un prix lourd. Le Roi déclara encore qu’ils seront des divinités de leur vivant et même après leur mort. Le Roi partagea en trois son royaume, ses richesses, ses femmes et toutes ses possessions. Il en donna une part à chaque jumeau.

EN conclusion, le Boconon qui trouve ce signe pour une personne venue consulter lui prédira qu’il occupera bientôt une importante position, mais qu’il doit bien prendre soin de son Fa et lui faire régulièrement des sacrifices.


Les envahisseurs aux mains nues

Les Italiens et surtout les militants d’extrême-droite ont défilé le dimanche dernier avec pour slogan « l’Italie d’abord ». Hé oui ! ils ne veulent pas être envahis par les envahisseurs aux mains nues.  Que les temps ont changé. Les italiens ne sont les seuls à vouloir rester seuls chez eux. Le mouvement est uniforme en Europe.
La France aux français dit le Front National
L’Allemagne aux Allemands disent les Néo-Nazis
L’Angleterre aux Anglais dit Ukip
L’Espagne aux Espagnols
Le Portugal aux Portugais
etc…
Les peuples qui allaient partout dans le monde pour tout conquérir, construisent aujourd’hui des postes avancés afin de rester seuls dans leurs frontières.

Ces Romains
fiers et forts qui ont mis le monde à feu et à sang, conquis toute l’Europe, une partie de l’Asie et l’Afrique du Nord ?  L’une des armées les plus puissantes et les mieux organisées que le monde ait jamais connu, les dignes descendants de Jules César, Marc-Antoine, Caligula et j’en passe des meilleurs. Cette armée dont les navires parcouraient des milliers de kilomètres, très loin de la mère patrie pour assujettir des continents entiers à la gloire de Rome. Ce peuple veut se confiner dans ces frontières aujourdhui.

Ces Français, grands voyageurs, grands négriers et grands colonisateurs. Ces français qui ont vogué sur les océans jusqu’aux fins fond de la terre. Ils ont pris pied en Amérique, en Asie, au Moyen-Orient. Napoléon a conquis toute l’Europe, jusqu’aux portes de la Russie. Il a conquis les Amériques et les Caraïbes. Son ambition expansionniste n’avait pas de limite. La conquête, l’envahissement des autres peuples, la France sait y faire.
L’Afrique, c’est l’arrière-cour de la France. Dans les années 1950, le Général De Gaulle ne voulait même pas entendre parler d’indépendance des pays africains, ni de l’Algérie. Dans leur projet d’assimilation, les français enseignaient aux africains que les deux peuples avaient les mêmes ancêtres, les Gaulois. Le bien-nommé Général Charles de Gaulle voulait une grande communauté s’étendant de la métropole française aux confins de l’Afrique, sous le drapeau français. Il voulait l’Algérie française, les Antilles françaises, etc. Au nom de cette Afrique Française, la France a levé une armée de milliers de tirailleurs africains pour aller combattre l’Allemagne Nazie et libérer la mère patrie et l’Europe de l’emprise des Nazis et aider la France dans ses guerres coloniales en Afrique et en Asie.
Aujourd’hui ses descendants sont même prêts à se séparer du peu de territoires d’outre-mer qui leur reste afin de se barricader dans leurs étroites frontières nationales. Je me creuse les méninges et je ne comprends toujours pas.

Ces Espagnols qui ont soumis toute l’Amérique Latine, de sorte que toute cette partie du continent américain parle espagnol aujourd’hui, hé bien les espagnols aussi veulent l’Espagne aux Espagnols. Mais le grand Roi Charles Quint ne disait-il pas que le soleil ne se couche jamais sur son Royaume ? tellement l’Espagne avait des possessions partout dans le monde ? que penserait ce brave Roi aujourd’hui, s’il se rend compte de ce qu’est devenu son Royaume. Ces descendants sont prêts à se contenter de beaucoup qu’un fuseau horaire, l’essentiel étant d’être seuls dans leurs étroites frontières nationales du territoire espagnol sur le sol Européen.

Les Anglais
Alors là c’est le comble. Si un peuple a vraiment été hégémonique sur les mers du monde, c’est bien les anglais. Les dignes héritiers de l’Amiral Nelson, le vainqueur de l’invincible armada, l’Angleterre dont la souveraine est le seul chef d’Etat à commander des pays sur tous les continents ! Cette Angleterre est devenue si frileuse qu’elle s’est retirée de l’Union Européenne, juste pour être tranquille dans ses frontières. La Reine Victoria risque d’avoir son repos éternel troublé si on lui rapportait de tels évènements.

Les envahisseurs aux mains nues

Un peu de courage les amis, rendez leur fierté à vos illustres ancêtres. Soyez dignes devant les envahisseurs aux mains nues.
En effet, les peuples qui allaient en conquête avec des navires, chars et fusils n’ont plus besoin de se gêner aujourd’hui. Plus aucune nécessité d’aller conquérir des territoires au prix de milliers de morts et de destruction. Les anciens peuples conquis viennent eux-mêmes se livrer à vous maintenant. Et il n’y aucun danger d’affrontement ou de guerre, parce qu’ils viennent sans armes, les mains nues et parfois même en tenue d’Adam et Eve. Ils n’ont pas de stratégies militaires, ni armures, ni uniformes, ni navires, ni chars, ils ne viennent pas pour exploiter vos ressources comme vous le faisiez chez eux entre temps. Non, ils viennent plutôt se faire exploiter, et pourtant vous avez peur d’eux ?

Je ne comprends décidément plus et je pense que Obélix avait raison : « ils sont fous ses Romains ».